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Le zoroastrisme

     Le zoroastrisme, parfois aussi appelé “mazdéisme”, est la principale religion préislamique et fut fondé par le prophète “Zarata Ouchtra” (aujourd’hui appellé Zartocht). Zarata signifie “doré” et Ouchtra “lumière”. Le dieu des Zoroastriens s’appelle Ahoura Mazda . Ahoura, c’est-à-dire “créateur” et Mazda “sage’. Avant l’avènement de Zoroastre, les Iraniens étaient polythéistes et adoraient les divinités célestes ou les éléments naturels (les forces de la nature) dont les plus importants étaient les suivants:

    -Anahita : déesse de l’eau et des fleuves,

    -Azar : dieu du feu,

    -Zamyad : dieu de la terre,

    -Vaillv : dieu du vent.

La vie de Zoroastre

     Les étapes principales de la vie de Zoroastre sont connues en partie grâce à l’Avesta, recueil des enseignements de la religion mazdéenne et de la prédication de Zoroastre. L’époque où vécut Zoroastre fait encore l’objet de contestations, mais nombre de spécialistes éminents estiment qu’il est né vers le 11e siècle av. J.-C. en Iran oriental. Il eut une révélation à l’âge de 30 ans et commença à propager sa religion.

     Zoroastre réforma les croyances iraniennes. L’une des grandes réformes fut d’introduire l’idée du monothéisme dans le polythéisme des Iraniens. Il apparaît comme un adversaire farouche de certaines pratiques religieuses, notamment le sacrifice des animaux et l’usage du haoma (boisson enivrante qu’on buvait lors des rites religieux). Pour Zoroastre, la mort dans la souffrance des animaux, est incompatible avec la doctrine de bonté et de sagesse du dieu auquel il est sacrifié. Quant au haoma, il égare les hommes par son effet enivrant.

    Les mages, dont dérive le mot magie, avaient recours à diverses pratiques pour se plonger dans l’extase religieuse dont l’usage du haoma. Fondamentalement conservateurs, les mages n’adoptèrent pas toujours les idées de Zoroastre. Ainsi, le sacrifice d’animaux fut maintenu et le culte du haoma fit sa réaparition.

     Les réformes de Zoroastre mettaient en danger les intérêts des princes et des mages polythéistes, c’est pourquoi, à l’âge de 42 ans, il fut obligé d’émigrer, avec ses amis fidèles, à Bactriane (en actuel Afghanistan ). Au début il eut peu de succès, mais la conversion du roi de Bactriane et sa cour à sa foi en causa le développement de telle manière que sa religion s’implanta solidement non seulement en Perse, mais aussi en Asie centrale. Par ses positions radicalement opposées aux croyances traditionnelles, il provoqua des réactions vives et fut assassiné, lors d’une prière dans un temple du feu, à l’âge de 77 ans.

Le zoroastrisme avant et après l’islam

     Grâce aux souverains sassanides (224-642), au 3e siècle après J.-C., le zoroastrisme devint une véritable religion d’Etat avec une théocratie organisée autour des mages. La compilation à cette époque de l’Avesta à partir de textes d’origines diverses, contribua à fixer l’orthodoxie de ce zoroastrisme d’Etat.

     Si les Zoroastriens furent reconnus, après l’arrivée de l’islam, comme “gens du livre” et donc libres de pratiquer leur culte, un grand nombre d’entre eux se convertirent néanmoins. L’adhésion à la foi islamique apportait des avantages financiers et sociaux importants. Le durcissement ultérieur de l’islam contraignit à des conversions massives et des mouvements d’émigration vers l’Inde dès le 8e siècle. C’est pourquoi le zoroastrisme perdit graduellement des fidèles, et en arriva à n’être plus pratiqué que par une petite minorité.

     Malgré son importance historique considérable, le zoroastrisme n’a donc plus aujourd’hui qu’assez peu d’adeptes. Ils sont actuellement au nombre de 66 000, principalement installés dans la région de Yazd et de Kerman. Une communauté importante de Zoroatriens est établie en Inde (en patriculier dans l’Etat de Gujarat et Bombay). Appelés Parsis, ils descendent des Zoroastriens qui préférèrent fuir la Perse plutôt que de se convertir à l’islam. Les communautés zoroastriennes d’Iran et d’Inde ont entretenu des relations proches et au 20e siècle, les Parsis ont fourni un soutien financier important à leurs coreligionnaires iraniens.

Les principes du zoroastrisme

    -L’unicité de Dieu

    -La croyance en la mission de Zoroastre

    -La croyance en la resurrection

    -Le dynamisme de la création (la création est éternelle, sans commencement et sans fin.)

    -Le perfectionnement progressif (la victoire finale du bien sur le mal)

    -Le dualisme moral (c’est le choix incorrect de l’homme qui crée le mal, Ahoura Mazda ne crée que le bien.)

    -Le libre arbitre et le châtiment (L’homme est doué de libre arbitre et le choix de la voie à suivre lui appartient entièrement, donc chacun est responsable de ses actes.)

La philosophie zoroastrienne

     D’après la philosophie zoroastrienne, dans le monde il y a deux forces contradictories: le bien ouSpanta Maillnyou (lumière) et le mal ou Angra Maillnyou (ténèbres). Le but essentiel de Zoroastre est de nous rapprocher du bien et éloigner du mal. Le bien oriente vers “la bonne pensée, la bonne parole et la bonne action” (C’est le résumé de l’enseignement moral du zoroastrisme.) et le mal (mauvaise pensée, mauvaise parole et mauvaise action) détourne les esprits faibles du droit chemin.

     Pour les Zoroastriens, l’univers n’est en fait que le théâtre de ce combat fondamental, et tous les actes de l’homme revêtent un caractère moral qui influe sur l’issue de la bataille cosmique. Spanta Maillnyou, source de bonté, de pureté et de lumière, mène une lutte incessante contre Angra Maillnyou, source du mal et des ténèbres, dont il triomphera finalement.

L’Avesta

     Les textes fondateurs du Zoroastrisme sont regroupés dans l’Avesta (c’est-à-dire religion solide). On y trouve l’ensemble des textes liturgiques et les “chants versifiés” ou Gatha. Le Gatha et plusieurs prières, composés par Zoroastre, constituent la partie fondamentale de l’Avesta, et donc la base du zoroastrisme. Les autres chapitres de l’Avesta furent écrits par les religieux zoroastriens.

Les prières quotidiennes

     Les Zoroastriens font cinq prières par jour :

    -la première fois, on peut la faire du lever du soleil à midi,

    -la deuxième fois, de midi à 15 heures,

    -la troisième fois, de 15 heures au coucher du soleil,

    -la quatrième fois, du coucher du soleil à minuit,

    -la cinquième fois, de minuit au lever du soleil.

Le temple du feu

     Les Zoroastriens considèrent le feu comme le symbole par excellence de Ahoura Mazda car c’est le seul élément qui éclaire, purifie et ne se pollue pas. Le feu (la lumière : le bien) indique le droit chemin tandis que les ténèbres (le mal) nous en détournent. Le feu combat l’esprit du mal, Ahriman, et supprime les ténèbres. Aujourd’hui encore, une flamme brûle continuellement dans leurs temples et, de façon générale, ils ont un amour particulier pour la lumière sous toutes ses formes. C’est pourquoi on les appelle parfois les “adorateurs du feu”. En réalité, ils n’ont jamais adoré le feu, mais ils le respectent en tant que symbole de pureté.

Les fêtes nationales

    -Novrouz : le nouvel an, le jour de la création du monde (20 mars)

    -Mehrgan : la fête de la récolte (1 octobre, 10ème jour de l’automne)

    -Tirgan : le solstice d’été (21 juin)

    -Yalda : le jour de la création du soleil (20 décembre, le solstice d’hiver)

    -Sadeh : le jour de la création du feu (30 décembre, 10ème jour de l’hiver)

Les tours du silence

     Les tours du silence (Dakhmeh) appartiennent aux usages funéraires des Zoroastriens. Elles ont été construites aux endroits les plus élevés et éloignés des villes pour se débarrasser des cadavres des défunts. Les défunts des Zoroastriens ne pouvaient être ni incinérés, ni enterrés, ni jetés à l’eau car le contact de leur corps souillerait le feu, la terre et l’eau considérés comme éléments sacrés. Les Zoroastriens accordent une grande importance à la pureté, et leurs rites religieux mettent l’accent sur la pureté des quatre éléments (le feu, la terre, le vent, l’eau).

     Quelques heures après le décès, le cadavre était amené jusqu’au pied de la tour où une cérémonie rituelle avait lieu en présence des parents et amis du défunt. Le cadavre était ensuite porté par les moubèd (prêtres zoroastriens), portant une flamme, jusque dans une tour circulaire à ciel ouvert où on les abandonnait aux animaux sauvages principalement aux vautours. Après le décharnement, on rassemblait les ossements desséchés par le soleil, pour les jeter dans un trou circulaire au centre de la tour. Enfin pour la désinfection, on mettait de l’acide dessus. Le sol des tours est plat et en pierre évitant ainsi le contact avec la terre. Cette pratique n’a plus cours aujourd’hui.

     Autrefois, lorsque les tours étaient employées, seuls les moubèd y’avaient accès mais elles sont maintenant ouvertes au public. Dans les années 1960 la coutume d’exposer les corps était progressivement remplacée par l’inhumation. Les tours du silence servirent jusque vers 1987 et après cette date, les morts zoroastriens ont été enterrés dans les cimetières.

Les avantages des tours d’après les Zoroastriens :

    -Nourrir les animaux.

    -Echapper aux problèmes hygiéniques (la décomposition du corps entraîne la pollution de l’eau et de la terre).

    -L’enterrement prend de la place, et par conséquent la terre devient stérile.

Le calendrier zoroastrien

     Les anges occupent une grande place dans le zoroastrisme. Pour eux, il existe une hiérarchie compliquée d’êtres angéliques. En outre, chaque mois et chaque jour porte le nom d’un ange ou d’un archange ou d’Ahoura Mazda. Les 1er, 8e, 15e et 23e jours de chaque mois sont des jours saints. Il s’agit des jours où le nom du jour et du mois sont le même.

     Aujourd’hui encore, les mois du calendrier persan ont gardé les noms des anges du zoroastrisme. Ils sont les gardiens de la nature et forment l’armée d’Ahoura Mazda et combattent les forces d’Ahriman. Le calendrier zoroastrien commence à l’équinoxe du printemps et se fonde sur une année solaire de 12 mois et de 30 jours chacun et il n’est pas découpé en semaine.

     Les archanges zoroastriens s’appellent emchaspand (c’est-à-dire, saint immortel) et sont au nombre de six. Avec Ahoura Mazda, ils forment un groupe de 7 d’où le chiffre symbolique de 7 dans la littérature persane. Les archanges sont les agents et les vizirs de Ahoura Mazda. Dans le monde spirituel, ils sont les attributs de Ahoura Mazda et dans le monde matériel, les gardiens de la nature et de son contenu. Les archanges se prononcent aujourd’hui bahman, ordibéhecht, chahrivar,esfand, khordad et mordad.

    –Bahman signifie “bonne pensée et sagesse”; il est le gardien des animaux utiles.

    –Ordibéhecht signifie “vérité”; il est le gardien du feu.

    –Chahrivar signifie “royauté et puissance”; il est le gardien des métaux.

    –Esfand signifie “affection et tendresse”; il est le gardien de la terre.

    –Khordad signifie “perfection et santé”; il est le gardien de l’eau.

    –Mordad signifie “immortalité”; il est le gardien des plantes.